Plus qu’une boule dans l’estomac : une chercheuse étudie le lien entre santé intestinale et santé mentale

22 novembre 2022
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Photo de Chelsea Matisz

Vous n’avez peut-être jamais pensé au lien complexe qui existe entre vos intestins et votre cerveau, mais si vous avez déjà eu la nausée devant une situation stressante ou avez été irritable lorsque vous étiez malade, vous en avez éprouvé les effets.

Chelsea Matisz comprend cette relation mieux que quiconque. Cette chercheuse postdoctorale au Centre canadien des neurosciences du comportement de la University of Lethbridge étudie la façon dont l’état de nos intestins influe sur celui de notre cerveau, c’est-à-dire le lien entre la santé intestinale et la santé mentale.

« En cas d’intoxication alimentaire ou de violente réaction à un aliment, ce ne sont pas seulement nos intestins qui s’enflamment, mais aussi notre cerveau. Notre humeur en prend un coup. Nous devenons léthargiques et irritables, et il devient difficile de profiter des passe-temps et des activités qui nous procurent habituellement du plaisir, » explique Mme Matisz.

Il s’agit d’une étape importante du processus de guérison qui nous force à ralentir et à nous reposer pour récupérer.

« Les personnes qui vivent avec une inflammation chronique des intestins causée par des maladies comme la maladie de Crohn ou la colite ont également de l’inflammation du cerveau qui peut en altérer la structure et le fonctionnement. Conséquemment, les symptômes persistent même une fois l’infection intestinale guérie, et le cerveau subit des modifications chroniques qui peuvent mener à la dépression ou à l’anxiété. »

Ce n’est donc pas étonnant que les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) soient plus susceptibles de souffrir d’anxiété et de dépression que la population générale. Bien que ces maladies soient incurables, Mme Matisz étudie la possibilité d’utiliser la vitamine D, les cannabinoïdes et la psilocybine (contenue dans les champignons magiques) pour traiter les troubles de santé mentale chez les personnes atteintes de MICI.

Le Canada affiche l’un des plus hauts taux de MICI dans le monde et les travaux de recherche de Mme Matisz pourraient aider des centaines de milliers de Canadiennes et Canadiens.

Ils lui ont d’ailleurs permis d’obtenir cette année l’une des bourses d’excellence L’Oréal Canada pour les femmes et la science, qui soutiennent des projets de recherche d’envergure entrepris par de jeunes chercheuses de niveau postdoctoral au Canada à un moment charnière de leur carrière. L’obtention de cette prestigieuse bourse constitue un pas de plus vers la réalisation de son rêve, à savoir diriger son propre laboratoire de recherche.

« Ce prix revêt une grande importance pour moi, explique Mme Matisz. La science est un domaine qui attire beaucoup de personnes ultra-performantes, alors on se demande toujours si on en fait ou en apprend assez, et si on contribue suffisamment. Être reconnue pour ses efforts, c’est sentir qu’on est à sa place et qu’on fait quelque chose de bien. »

Elle ajoute qu’il est essentiel de célébrer les réalisations des femmes scientifiques dans un domaine où les hommes occupent encore la majorité des postes de haut rang.

Catégorie :  Recherche et innovation

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