Témoignages de rectrices à l’occasion de la Journée internationale des femmes : Jacqueline Ottmann

9 mars 2022
Nouvelles

Jacqueline Ottmann, rectrice de la First Nations University of Canada, revient sur son parcours de dirigeante autochtone et donne des conseils aux prochaines générations de femmes.

Quels sont les avantages d’avoir des femmes en gestion?

Avant les lois et mœurs coloniales, les femmes occupaient des rôles d’importance dans les sociétés autochtones et avaient la plupart du temps le dernier mot lors des prises de décisions, une caractéristique propre aux sociétés matriarcales. Les femmes étaient aussi les gardiennes du feu : elles nourrissaient, entretenaient, renforçaient et garantissaient la santé de nos communautés. On observe d’ailleurs une revitalisation de ces coutumes.

Malgré une tentative systématique de bâillonner les femmes autochtones, nous avons persévéré et surmonté une adversité extrême avec courage et détermination. Ces histoires font partie de moi et elles m’ont appris les nombreux avantages du leadership au féminin, ce que je tente à mon tour de démontrer.

Quel est l’obstacle le plus important qui s’oppose au leadership des femmes?

Les stéréotypes sur les femmes et les comportements patriarcaux continuent d’influencer, parfois ouvertement, parfois non, les systèmes, les structures et les politiques de nos organisations. Même si les disparités sont de plus en plus reconnues, les hommes dominent toujours les hautes sphères universitaires, et les inégalités salariales sont une réalité. Des changements culturels profonds au sein de nos organisations et sociétés doivent s’opérer pour créer un monde où les femmes sont reconnues et récompensées.

Quelle est l’importance d’être mentorée pour s’épanouir dans un poste de gestion?

J’ai été entourée de femmes et d’hommes au caractère fort dans ma vie personnelle et professionnelle. Je les ai vus traverser des moments douloureux et difficiles avec résilience, détermination et aplomb. Les observer est une forme de mentorat informel, mais non moins formateur. Nous devons prendre conscience que de nombreuses personnes sont témoins de chacun de nos gestes : nous pouvons inspirer et nourrir, ou décourager et nuire à l’épanouissement et à la guérison.

Tout au long de ma carrière, j’ai aussi eu le privilège de me lier d’amitié avec bon nombre de mes modèles et mentors, et de pouvoir me confier à eux. Il m’est presque surréel de savoir que j’ai la chance de pouvoir échanger avec Jo-ann Archibald, Verna St. Denis, Marie Battiste et Gregory Cajete, pour ne nommer qu’eux. C’est un témoignage de la beauté de la progression d’une relation. Mes mentors m’ont encouragée, guidée et donné de l’élan.

Comment équilibrer carrière, vie personnelle et passe-temps? Est-ce même possible?

Ma vie a un but. J’ai volontairement entrelacé ma vie professionnelle et personnelle pour ne pas les isoler l’une de l’autre. C’est à mes parents que je dois cette philosophie de vie. Mon père, le Chef Allan Paquachan, nous faisait souvent participer à ses travaux. Quand j’étais adolescente et jeune adulte, j’assistais aux réunions du Chef et du Conseil, aux réunions de tribu, à celles de la Fédération des nations autochtones souveraines, et à l’Assemblée des Premières Nations. Il n’était pas non plus question qu’on manque le travail de ma mère, Marjorie. Elle était chauffeuse d’autobus pour notre Première Nation. Nous comprenions leurs carrières, et je veux faire la même chose pour mes enfants. Au fil des ans, ils sont venus avec moi à des conférences et à des réunions universitaires et politiques, et se sont assis dans mes salles de cours. Ils ont rencontré des professionnels autochtones en devenir et accomplis. Ces expériences leur ont aussi permis de comprendre ce qui m’anime et pourquoi j’ai dû parfois passer du temps loin de la maison.

Je fais également très attention à mon bien-être global. Je chéris ma santé physique (randonnée, course, musculation et sommeil), émotionnelle (amitiés, famille et communauté), spirituelle (pleine conscience, méditation et prière) et intellectuelle (soif d’apprendre). C’est devenu un mode de vie.

Quel conseil donneriez-vous à la prochaine génération de dirigeantes?

Avant tout : on a besoin de vous. De vos compétences et de votre talent! Le monde a besoin d’entendre votre voix et votre histoire. Soyez audacieuses et courageuses dans votre créativité et la poursuite de vos rêves. N’oubliez jamais que vous êtes parfaites comme vous êtes, et que vous n’êtes jamais seules. Entourez-vous de mentors et de personnes de sagesse. Vous serez surprises de voir qui répondra à l’appel. Ayez un but dans la vie et épanouissez-vous sur tous les plans. Vous me donnez beaucoup d’espoir.

Catégorie :  Équité, diversité et inclusion

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