Mount Saint Vincent University : études au premier cycle

Enseigner aux étudiants à considérer les affaires comme un outil pour le changement

L’entrepreneuriat social est un mode de vie à la Mount Saint Vincent University

« Un entrepreneur social est un entrepreneur qui a du cœur. »

Voilà comment Peter Mombourquette, directeur du département de d’administration des affaires et du tourisme à la Mount Saint Vincent University (Nouvelle-Écosse), entame la conversation lorsqu’il explique le concept de l’entrepreneuriat social aux étudiants du premier cycle.

M. Mombourquette se fait le champion du concept de l’entrepreneuriat social dans cet établissement depuis que l’Université tente de trouver des manières d’enrichir l’expérience au premier cycle par des activités parascolaires. Ce qui a commencé, il y a cinq ans, par une simple collecte de denrées et une distribution de couvertures fait maintenant partie intégrante de la vie étudiante.

Nous voulons que les étudiants réussissent, et les activités parascolaires offrent une expérience riche et complémentaire à ce qui est appris en classe, explique M. Mombourquette. Nous avons choisi de centrer nos activités sur l’entrepreneuriat social parce que le monde fait face à des problèmes complexes qui ne seront résolus qu’en faisant appel à l’empathie, à l’innovation et aux compétences entrepreneuriales.

Une université où l’on passe de la théorie à la pratique

En intégrant ce concept aux études au premier cycle, la Mount Saint Vincent University prépare une génération de diplômés possédant une connaissance concrète de la manière dont les entreprises peuvent être profitables tout en contribuant à l’amélioration de la société.

« Les entrepreneurs sociaux sont intéressés à faire de l’argent, mais leur réussite se mesure aussi en termes de répercussions sur la société, explique M. Mombourquette. Si votre entreprise permet de résoudre un problème avec lequel la société est aux prises, votre réussite sera encore plus grande que celle d’un entrepreneur traditionnel. »

Aujourd’hui, la Mount Saint Vincent University propose un important programme de conférences, de discussions en tables rondes, d’excursions sur le terrain, d’activités de bénévolat parascolaire et d’engagement communautaire. L’Université organise aussi une conférence annuelle sous le thème « Entrepreneuriat social pour un jour », un événement phare qui, depuis 2011, a lieu chaque année en octobre.

« Dans le cadre de la conférence, des groupes d’étudiants sont jumelés à des mentors et ont la possibilité d’élaborer un concept d’entreprise sociale, raconte M. Mombourquette. Le deuxième jour de la conférence, ils sortent dans la ville et mettent en œuvre leurs projets. L’expérience leur montre qu’il est possible de créer une entreprise et d’avoir un impact positif. »

Selon Maria Wamboldt, étudiante au programme coopératif qui a participé à la première conférence et qui aide maintenant à son organisation, la conférence permet d’inculquer aux étudiants le principe d’entrepreneuriat social. Sachant qu’elle allait collaborer à la conférence, Mme Wamboldt a accepté l’emploi au département parce que la conférence inaugurale avait été pour elle « une expérience d’une puissance incroyable ».

L’entrepreneuriat social dans la rue

Tout au long du week-end, des entrepreneurs sociaux chevronnés racontent leurs histoires et inspirent les étudiants à mettre leurs idées en œuvre. Un groupe a perçu une possibilité de partenariat avec de petites boutiques qui avaient les mêmes valeurs et qui fabriquaient des panneaux de signalisation à la craie pour attirer la clientèle dans les magasins. D’autres ont distribué des boutons artisanaux ou recueilli des dons pour la banque alimentaire.

« Avoir la possibilité de travailler d’aussi près avec des entrepreneurs sociaux m’a entièrement ravie, raconte Mme Wamboldt. Entendre de gens qui ont réussi nous dire qu’on peut y arriver, et nous aider à nous préparer de manière réaliste pour faire face aux enjeux qui se présenteront, voilà ce qui distingue cette conférence d’un cours régulier d’entrepreneuriat au premier cycle. »

La première année, la conférence a permis de recueillir plus de 2 000 $ pour les organismes de bienfaisance, et la deuxième année, plus de 2 800 $.

M. Mombourquette souhaite élargir le programme. L’édition de l’an dernier a accueilli des étudiants de la Mount Saint Vincent University, de la Dalhousie University, du Nova Scotia Community College et d’écoles secondaires locales.

« La diversité est très importante, affirme M. Mombourquette. Plus les points de vue sont nombreux, plus les possibilités d’innovation sont grandes. Les entrepreneurs ne sont généralement pas gênés par les limites; ils ont plutôt tendance à les franchir. »

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