Université Bishop’s : études au premier cycle

La tradition à l’origine de l’innovation

Pour bâtir demain, l’Université Bishop’s s’appuie sur sa tradition de près de deux siècles en matière d’enseignement des arts libéraux au premier cycle

Parfois, l’attitude la plus révolutionnaire consiste à revenir à l’essentiel.

Tel est sans conteste l’avis de Jessica Riddell, professeure d’anglais à l’Université Bishop’s.

Depuis cinq ans, Mme Riddell a contribué à l’émergence de programmes novateurs destinés à enrichir le parcours au premier cycle au sein de cet établissement situé à Lennoxville, au Québec. En dépit du caractère novateur de ces initiatives, Mme Riddell précise que toutes trouvent leurs racines dans le modèle éducatif traditionnel de l’établissement en matière d’arts libéraux.

« Nous privilégions les interactions exemplaires entre étudiants et professeurs, explique Mme Riddell, ainsi que l’apprentissage hors des salles de classe, en multipliant les occasions d’apprentissage par l’expérience et en stimulant les étudiants par une démarche holistique. »

Ces objectifs ont conduit Mme Riddell et ses collègues du département d’études anglaises à mettre sur pied un congrès annuel exclusivement destiné aux étudiants au premier cycle en études anglaises, le QUEUC (Quebec Universities English Undergraduate Conference).

Pour les étudiants, par les étudiants

Désormais bien établi, le congrès rassemble annuellement des étudiants en arts et en sciences humaines le temps d’une fin de semaine pour une série de séminaires pluridisciplinaires et d’ateliers qui portent entre autres sur la littérature anglaise, le théâtre, l’histoire et la musique. L’événement, qui ne comptait au départ que des participants du Québec a pris de l’ampleur et attire désormais des participants venus de l’ensemble du pays.

Les étudiants assurent la coordination du congrès et composent la majorité des 40 membres de son comité organisateur. Le congrès fait en outre l’objet d’un examen par les pairs, et des étudiants aux cycles supérieurs analysent avec rigueur les documents qui sont soumis (plus de 180 l’an dernier).

« Tout ce travail formidable, ce sont les étudiants qui l’accomplissent, explique Mme Riddell. Ce congrès est le leur, et ils en sont fiers. Leur présence au sein du comité organisateur leur permet d’appliquer les compétences et le sens critique qu’ils ont acquis dans le cadre de leurs cours. »

Kristy Benz, étudiante de cinquième année de l’Université et ancienne coordonnatrice du QUEUC, est d’accord : « Le fait de participer au QUEUC et d’en découvrir le mode d’organisation m’a beaucoup apporté. C’est un type d’expérience que l’on a rarement la chance d’acquérir au premier cycle.

Mme Benz se sait riche des aptitudes organisationnelles et en communication qu’elle a acquises en tant que coordonnatrice du QUEUC. Elle a d’ailleurs déjà eu l’occasion de les mettre en pratique en assurant la coordination d’un festival de théâtre universitaire.

Faire de l’exceptionnel la norme

Mme Riddell a aussi contribué à la mise en place d’autres initiatives à l’Université Bishop’s, parmi lesquelles le programme STEP (Students Seeking to Excel Program), qui n’était au départ qu’un simple séminaire hebdomadaire de rédaction destiné aux étudiants en études anglaises. Après s’être rendu compte que certains professeurs proposaient une formation particulière du même type à leurs étudiants, Mme Riddell a proposé de mettre des ressources en commun et d’officialiser le programme. Le programme STEP, qui connaît depuis un grand succès à l’échelle de l’Université, est dirigé par le conseil étudiant de l’établissement et accueille chaque semaine de 60 à 80 étudiants.

Plus récemment, l’énergique professeure d’anglais a contribué à la mise sur pied de TEDxBishopsU, un congrès interdisciplinaire sur l’avenir de l’enseignement au premier cycle, calqué sur le congrès TED de notoriété mondiale. Selon Mme Riddell, le slogan de ce congrès, « Ideas worth sharing » (Des idées dignes d’être partagées), exprime tout à fait les valeurs de l’Université Bishop’s en matière d’arts libéraux.

« Nous avons voulu que le congrès TEDxBishopsU permette de revenir sur ces moments où un étudiant pousse une exclamation parce qu’il vient d’avoir un déclic », explique Mme Riddell. La première édition du congrès TEDx a suscité un tel enthousiasme qu’une seconde est déjà prévue pour 2013.

« L’apprentissage se manifeste partout »

La philosophie de l’Université Bishop’s consiste entre autres à considérer que l’apprentissage ne se fait pas qu’en classe. Comme le souligne Mme Riddell, « il peut aussi bien se faire dans un laboratoire que sur un terrain de soccer ou dans un auditorium ». Grâce aux initiatives auxquelles Mme Riddell a contribué, à l’Université Bishop’s, l’apprentissage s’acquiert désormais dans le cadre de l’ensemble du parcours au premier cycle.

« Nous n’avons pas tant l’impression d’innover que de revenir à l’essence même de la mission, à la vision et aux valeurs qui sont celles de notre établissement depuis 1843. Il y a 175 ans que nous nous préoccupons de ces questions », conclut-elle en riant.

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