L’ALENA nous oblige à repenser l’industrie de la fabrication

6 août 2017
Nouvelles

Cet article d’opinion  a paru dans le Globe and Mail le 6 août 2017

par Feridun Hamdullahpur, recteur, University of Waterloo

L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est au cœur des discussions commerciales depuis plus de vingt ans au Canada.

Au cours des derniers mois, les pays membres semblent avoir été contraints de reprendre les négociations et de se situer par rapport à l’avenir de cet accord, et ces discussions pourraient avoir des répercussions sur les relations du Canada avec son plus important partenaire commercial et alourdir la menace qui plane sur les emplois et les usines du secteur de la fabrication canadien.

Dans ce contexte, les Canadiens doivent se serrer les coudes, collaborer de manière stratégique, renforcer les relations commerciales à l’extérieur des États-Unis et accélérer la modernisation du secteur de la fabrication au Canada.

Pour améliorer nos relations commerciales et faire prospérer notre économie à l’ère de la fabrication de pointe, nous devons reconnaître que les produits dits intelligents prennent le pas sur les produits bon marché.

Si le Canada veut demeurer concurrentiel, il faut tenir compte du fait que les grandes usines axées sur la production de masse perdront peu à peu du terrain face aux petites entreprises axées sur le service qui peuvent s’adapter rapidement aux nouvelles tendances, tirer parti des technologies existantes et intégrer les technologies de l’avenir.

À quoi ressemble l’industrie de la fabrication de demain? Matériaux légers, intelligence artificielle permettant aux robots d’apprendre et de communiquer entre eux, machines capables de fabriquer plusieurs produits et de les personnaliser, systèmes commandés par des logiciels et main-d’œuvre versée en technologie pour concevoir, exécuter et assurer le bon déroulement des procédés de fabrication de pointe. Le Canada devra s’adapter à ces nouvelles réalités s’il veut exporter ses produits vers les marchés étrangers comme l’Asie, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.

En adoptant des pratiques de fabrication de pointe, le Canada pourrait non seulement remplacer de nombreux emplois perdus en raison de la délocalisation d’entreprises, mais pourrait aussi en dissuader d’autres de quitter le pays.

Pour demeurer concurrentiels à l’ère de la quatrième révolution industrielle, les entreprises et les entrepreneurs canadiens doivent continuer d’investir dans la recherche ainsi que dans la conception et l’intégration de technologies novatrices et convergentes. Ils devront également attirer et retenir une main-d’œuvre de talent qui sait tirer profit des nouvelles technologies pour améliorer la productivité et anticiper les besoins futurs.

L’élément clé de cette évolution demeure la collaboration entre les universités et l’industrie, de même qu’avec les gouvernements, qui jouent un important rôle de catalyseur.

Les universités représentent le plus important investissement public en recherche au Canada. Elles possèdent les ressources, la technologie et l’infrastructure de recherche nécessaires pour préparer les entrepreneurs canadiens à se tailler une place sur le marché mondial.

Les entreprises de fabrication existantes et futures ne doivent pas hésiter à demander l’aide de partenaires potentiels.

De nombreuses universités canadiennes ont déjà entrepris ce type de collaboration avec l’industrie.

La University of Waterloo aide les futurs entrepreneurs à vivre des expériences concrètes grâce à ses programmes coopératifs réputés. Les étudiants et les chercheurs ont ainsi l’occasion de collaborer avec l’industrie pour cerner et résoudre les problèmes, améliorer l’efficacité et valider les technologies avant qu’elles ne soient mises en marché.

Aujourd’hui, nous pouvons fabriquer des voitures autonomes et des machines intelligentes capables d’apprendre de leurs erreurs. Nous effectuons l’impression de genoux artificiels pour les personnes qui en ont besoin et concevons de nouveaux types de métaux liquides pulvérisables sans gaspillage. Nous utilisons des logiciels et des outils de calculs de prochaine génération, protégés par des mesures de cybersécurité inédites.

Il est probable que le discours politique sur la question du libre-échange se poursuive encore longtemps. Nous aurons sans doute l’occasion d’entendre encore parler de ce que nous avons perdu dans le secteur de la fabrication et des mesures à prendre pour négocier harmonieusement avec notre principal partenaire commercial.

Pour maintenir et renforcer la position économique du Canada à l’échelle mondiale, nous devons cesser de réfléchir aux choses auxquelles nous devrons renoncer, et nous pencher sur la nécessité de collaborer en tant que nation pour assurer notre prospérité économique et renforcer nos relations avec les États-Unis et à l’étranger.

Saisissons cette occasion d’avancement avant qu’elle ne nous file entre les doigts.

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Catégorie :  Recherche et innovation

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