Témoignages de rectrices à l’occasion de la Journée internationale des femmes : Annette Trimbee

7 mars 2022
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Annette Trimbee, rectrice et vice-chancelière de la MacEwan University, revient sur ses expériences de dirigeante et donne des conseils aux prochaines générations de femmes.

Quel est l’obstacle le plus important qui s’oppose au leadership des femmes?

J’ai lu récemment qu’une personne sur quatre pense qu’il est plus probable que les humains colonisent Mars que la moitié des chefs de la direction du classement Fortune 500 soient des femmes.

Ça en dit long.

Le plus grand obstacle au leadership des femmes est cette adhérence aux traditions et aux attentes qui correspondent à un leadership masculin traditionnel, soit décisif, autoritaire, motivé par et axé sur les résultats. Il s’agit du vieux problème de l’œuf et de la poule : qu’est-ce qui doit changer en premier? Cette situation n’évoluera que lorsque davantage de femmes assumeront des rôles de direction et que nous serons plus nombreux à valoriser les leaders qui excellent dans les relations humaines, défendent l’inclusion, apportent tout leur potentiel au travail et se soucient autant du pourquoi et du comment que des résultats obtenus.

Quelle est l’importance d’être mentorée pour s’épanouir dans un poste de gestion?

Nous avons tous besoin de mentors, et plus important encore, de promoteurs tout au long de notre parcours de leaders. Les mentors font office de conseillers ou de confidents. Les promoteurs vont plus loin et participent de manière officielle et concrète au perfectionnement et au cheminement de carrière du leader. Les femmes ont souvent peur de faire appel à des mentors ou à des promoteurs, soit par manque de confiance, soit par crainte de voir leur demande d’aide mal perçue et interprétée comme une tentative de favoritisme ou de discrimination inversée. Ce qui peut nous échapper, c’est que nos collègues masculins bénéficient déjà de ce type d’aide. Ces soutiens permettent de s’élever et de créer un effet d’entraînement. Cheminer en solitaire ne doit pas être valorisée au sein d’une carrière, parce qu’il s’agit de quelque chose d’extrêmement rare, voire inexistant.

Comment équilibrer carrière, vie personnelle et passe-temps? Est-ce même possible?

Il y a déjà longtemps que j’ai mis de côté l’expression « équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle »; je me concentre plutôt sur l’harmonie entre vie professionnelle et vie personnelle. J’ai commencé lorsque mes enfants étaient jeunes. Je ne cloisonnais pas mes rôles et j’étais tout entière au travail comme dans la vie. J’ai autant appris sur l’écoute et la résolution de conflits en tant que parent qu’en tant que leader professionnel. J’étais aussi entièrement dans le moment présent, à la maison. Pour moi, l’harmonie signifiait que mon travail devait avoir des répercussions positives, explicables à un enfant, et que mes objectifs de vie et de carrière devaient être conciliables. Cela voulait aussi dire que je devais être très consciente de mon niveau d’énergie afin d’apprendre à le gérer. J’ai appris très tôt à m’entourer de personnes talentueuses. Je m’investissais pleinement dans mon travail et également auprès de mes enfants et, pendant des décennies, atteindre l’harmonie m’a laissé très peu de temps pour les intérêts personnels ou le travail communautaire sans lien avec mon travail ou mon rôle familial. Aujourd’hui, l’harmonie est différente pour moi. Je continue à rechercher le bonheur et je suis facilement stimulée par les sorties en plein air, les concerts (il n’est même pas nécessaire que la musique soit bonne), la découverte de n’importe quel sujet et la collaboration avec des personnes intéressantes. L’harmonie entre le travail et la vie personnelle est possible, mais elle exige de la réflexion et des choix.

Quel conseil donneriez-vous à la prochaine génération de dirigeantes?

Vous êtes, et serez, par nature plus d’une chose. Vous aurez plusieurs vies professionnelles et votre carrière n’est qu’une partie de votre identité. Avant tout, soyez humaine. Restez authentique. Prenez des risques. Trouvez votre fil d’Ariane, votre but, vos raisons. Appropriez-vous votre énergie. Faites-vous entendre. Demandez de l’aide et acceptez-la.

Abordez votre vie et votre carrière avec détermination. J’avais l’habitude de dire que je n’avais pas de plans, que je faisais simplement de mon mieux et que j’avais de la chance. Ce n’est qu’au cours de la dernière décennie que j’ai admis avoir fait des choix délibérés, pris des risques, persévéré et recherché les rôles auxquels j’aspirais en fonction de mes champs d’intérêt et de mes objectifs, pour suivre mon propre fil d’Ariane.

« Il existe un fil d’Ariane que l’on suit. Il traverse les choses qui changent, mais lui ne change pas. On s’interroge sur l’objet de vos poursuites. C’est là que vous devez expliquer votre fil d’Ariane, mais il est difficile pour autrui de le voir. Tant que vous le tiendrez, vous ne vous perdrez pas… » – William Stafford, The Way It Is

Tagged:  Équité, diversité et inclusion

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